Citations de Simone Weil :
- Le mal a deux formes, le péché et le malheur.
- Ce que le mal viole, ce n’est pas le bien, car le bien est inviolable ; on ne viole qu’un bien dégradé.
- C’est à cause de cette monotonie [du mal] que la quantité joue un si grand rôle. Beaucoup de pouvoir, beaucoup de royaumes, beaucoup d’argent, beaucoup de femmes (Don Juan) ou d’hommes (Célimène).
- [Le mal] c’est une mauvaise tentative d’imiter Dieu.
- Le mal est une condition de la décréation.
- Sans le mal, on ne renoncerait jamais à ce monde.
- Si l’homme ne pouvait subir du mal de la part de la nature et surtout de la part des hommes, la partie humaine de l’âme ne serait pas soumise à la nécessité. L’homme qui n’est pas enraciné en Dieu par l’amour surnaturel est entièrement livré au hasard.
- Le mal dans l’univers est analogue à la souffrance, non au péché. Le péché a rapport à l’individu.
- On a l’expérience du mal qu’en s’interdisant de l’accomplir, ou, si on l’a accompli, en s’en repentant.
- Accomplir le mal dont on porte en soi la possibilité, c’est se priver de le connaître.
- Il ne faut jamais chercher à du mal une compensation extérieure dans du bien, lié ou non à ce mal par une nécessité qui le balance. Car on se prive de l’usage le plus précieux du mal, qui est d’aimer Dieu à travers le mal comme tel.
- Le mal est la distance entre la créature et Dieu. Supprimer le mal, c’est dé-créer ; mais cela Dieu ne peut le faire qu’avec notre coopération.
- Même accompli, le mal garde ce caractère d’irréalité ; de la peut-être vient la simplicité des criminels ; tout est simple dans le rêve. (Simplicité qui fait pendant à la suprême vertu.)
- Le mal est infini au sens de l’indéterminé, matière, espace, temps. Sur ce genre d’infini, seul le véritable infini l’emporte. C’est pourquoi la Croix est une balance où un corps frêle et léger, mais qui était Dieu, a soulevé le poids du monde entier.
- Le mal semble être sans limite. Mais il y a une limite, de sorte que celui qui est courageux et patient… est sauvé à la toute dernière minute, quand il voit sa perte déjà accomplie.
Mais ce n’est pas la vraie raison. Le bien est essentiellement autre que le mal. Le mal est multiple et fragmentaire, le bien est un ; le mal est apparent, le bien est mystérieux ; le mal consiste en actions, le bien en non-action ou en action non agissante, etc.
- Que le mal lui-même soit pur. Il ne peut être que sous la forme de souffrance d’un innocent. Un innocent qui souffre répand sur le mal la lumière du salut… C’est pourquoi un Dieu qui aime l’homme, un homme qui aime Dieu doivent souffrir.
- Le mal étant la racine du mystère, la douleur est la racine de la connaissance.
- Le mal subi, spirituellement, obscurcit les ténèbres. Et il détermine une disposition vers une rupture d’équilibre en sens inverse (vengeance).
- Il faudrait mettre son mal sur quelque chose qui disparaisse. C’est l’idée du bouc émissaire. Mais c’est un rêve tout à fait vain. Seul ce qui est absolument pur peut recevoir notre mal sans être souillé, et par suite sans jamais nous le renvoyer.