Commentaire de Chateaubriand sur le `Génie du Christianisme`

Discussion sur les commentaires de Chateaubriand relatifs à son œuvre le `Génie du Christianisme` présentée par Eberhardt suivi d’un débat.

C’est aussi l’occasion de constater la convergence de vue, de perspective, des membres du CDRS participants à cette réunion (dans la dernière partie de la vidéo).

Citations de Chateaubriand examinées :

XIII, chapitre 11, p.77
En supposant que l’opinion religieuse existât telle qu’elle est à l’heure où j’écris maintenant, le « Génie du Christianisme » étant encore à faire, je le composerais tout différemment qu’il est : au lieu de rappeler les bienfaits et les institutions de notre religion au passé, je ferais voir que le christianisme est la pensée de l’avenir et de la liberté humaine ; que cette pensée rédemptrice et messie est le seul fondement de l’égalité sociale ; qu’elle seule la peut établir, parce qu’elle place auprès de cette égalité la nécessité du devoir, correctif et régulateur de l’instinct démocratique. La légalité ne suffit pas pour contenir, parce qu’elle n’est pas permanente ; elle tire sa force de la loi ; or la loi est l’ouvrage des hommes qui passent et varient. Une loi n’est pas toujours obligatoire ; elle peut toujours être changée par une autre loi : contrairement à cela, la morale est permanente ; elle a sa force en elle-même, parce qu’elle vient de l’ordre immuable ; elle seule peut donc donner la durée.

XXII, chapitre 9, p.544
Telle est la grandeur de la véritable société chrétienne, où Dieu se mêle sans cesse avec les hommes ; telle est sur la force du glaive et du sceptre la supériorité de la puissance du faible, soutenu de la religion et du malheur.

XXVIII, chapitre 17, p.221
M. De Villèle voulait retenir (la France) sur le sol, l’attacher en bas, mais il n’eut jamais la force. Je voulais, moi, occuper les Français à la gloire, les attacher en haut, essayer de les mener à la réalité par les songes : c’est ce qu’ils aiment.

P.223 L’homme sage et inconsolé de ce siècle sans conviction ne rencontre un misérable repos que dans l’athéisme politique.

XXIX, chapitre 12, p.290
La civilisation est montée à son plus haut point, mais la civilisation matérielle, inféconde, qui ne peut rien produire, car on ne saurait donner vie que par la morale ; on n’arrive à la création des peuples que par les routes du ciel : les chemins de fer nous conduiront seulement avec plus de rapidité à l’abîme.

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