Eberhardt revient sur le thème de La Prière (le surnaturel agissant par la prière) et un débat s’engage.
Le PDF de la présentation d’EberhardtEberhardt suggère également les merveilleuses Cantates de Bach, voici une première liste : BWV 58 ; 99 ; 117 ; 131 ; 140 ; 147 ; 150. Elles sont tellement belles que j’en écoute une 30aine en boucle.
Retour de Luc sur la contribution d’Eberhardt Prière 1(PDF)
Merci cher Eberhardt, pour ton travail sur la prière. Je n’ai pas très bien compris ce que tu appelais « surnaturel » dans ton titre. Est-ce Dieu ? Il semble que oui et que tu tournes un peu autour du pot – si je puis dire – sans doute compte tenu de nos deux frères agnostiques au sein du CDRS ?
Je te rejoins « dans l’incapacité du matérialisme en général, à provoquer un renouveau sociétal et politique. » La solution à ce monde sera spirituelle ou ne sera pas. N’est-ce pas au demeurant l’intuition profonde du CDRS ? Mais je ne vois pas le surnaturel dans l’eucharistie par exemple ou dans la croyance que Jésus serait le Fils unique de Dieu et qu’il nous aurait sauvé par son sacrifice sur la croix. D’ailleurs je ne vois pas le surnaturel dans une croyance, un rite ou un culte, quels qu’ils soient, mais dans les capacités de notre propre re-spiritualisation à travers nos actes, notre façon d’être. Parce que le « Surnaturel » est en dormance dans tout humain à travers sa « Part » divine, son christ intérieur, que chacun(e) peut réveiller à tout moment et nourrir, tous sont appelés, mais comme on le sait « il y a peu d’élus ». L’élection n’est pas un choix de Dieu extérieur à nous-mêmes (comme le pensent les protestants calviniste avec la prédestination), c’est une auto-élection qui revient à dire et montrer dans les faits que j’ai CHOISI d’ÊTRE dans le « camp » du Bien, de la Vie. Et seuls certains de nos jours sont en mesure de le faire, je ne sais pas pourquoi, c’est ainsi.
N’est-ce pas pour avoir ignorer cette dimension directe de chacun avec Dieu, Dieu dans chaque homme, et d’avoir voulu instituer des intermédiaires patentés, des « puissances et des passeports illusoires » (Rév. d’Arès), de s’être noyé dans « l’intellectualisme » de débats théologiques inutiles et sans fin, que le christianisme est en déclin ? Et ce, dès le 4ème siècle quand elle devient puissance temporelle avec l’Empire. Le piège de l’orgueil, de la volonté de “succès” pour reprendre le mot de Luc ! Mais quel succès ?
Le « Surnaturel » se réveille par la prière, en effet, mais pas la prière en soi, pour elle-même, mais la prière dans l’intention d’accomplir, de mettre en pratique, de vivre l’amour de Dieu, de L’incarner (puisque tu parles avec raison « d’incarnation des valeurs ») bref d’aimer comme Jésus l’a si bien montré et enseigné. Il a été une figure très proche des femmes c’est certain mais je doute qu’il ait été le seul. Le Pain et le Vin surnaturels c’est la Parole de Dieu elle-même, et son accomplissement, rien d’autre, et la joie qu’elle apporte (l’ivresse). Ce Pain nous devons le rompre entre tous et nous en nourrir chaque jour (la prière), le digérer, le métaboliser dans nos cellules pour qu’il devienne vie, actes, paroles, pensées. Pour que nous devenions Christ nous-mêmes.
« Ta contemplation de la Création pendant ton activité agricole » me semble favorable au lien surnaturel, à condition qu’elle n’en reste pas à la contemplation, mais devienne bonté rayonnante dans ta vie.
Tu évoques le « Notre Père » qui est à mon sens l’exemple même du détournement opéré par l’Église officielle à propos de l’accomplissement de la Parole. Dans le Notre Père en effet, nous demandons tout à Dieu, (« donne-nous…, pardonne-nous…, mais ne nous laisse pas sucomber à la tentation…) alors que tout ça, c’est à nous de le faire et le Père est alors de fait là, avec nous, puisque nous agissons comme Lui. Il y a synergie entre Lui et nous parce que nous sommes Ses Enfants, c’est aussi simple que cela. L’Évangile donné à Arès restitue pour cette raison la prière authentique enseignée par Jésus qui est le « Père de L’univers ». Je te la mets ici intégralement. Tu pourras comparer.
PÈRE DE L’UNIVERS,
TOI SEUL ES SAINT.
QUE RÈGNE SUR NOUS TA SAINTETÉ POUR QUE NOUS FASSIONS TA VOLONTÉ,
POUR QUE NOUS RECEVIONS NOTRE NOURRITURE,
POUR QUE NOUS PUISSIONS PARDONNER ET RECEVOIR PARDON,
POUR QUE NOUS RÉSISTIONS AUX TENTATIONS ET QUE SOIT ABATTU LE MALIN,
POUR QUE RÈGNENT A JAMAIS SUR NOUS TA SAINTETÉ, TA PUISSANCE ET TA LUMIÈRE.
(La Révélation d’Arès 12/4)
L’islam et le judaïsme bien compris ne réclament pas de s’opposer aux religions concurrentes. Les Écritures ont été caviardées. Muhammad s’est lui-même marié avec une juive et une chrétienne. Et les pays «conquis » par l’islam n’étaient pas obligés de se convertir, on connaît les temps de paix de tolérance extrême et d’effervescence intellectuelle et spirituelle en Andalousie par exemple sous la domination musulmane.
C’est toujours l’institution religieuse qui vient derrière le prophète qui durcit la notion de croyance, la fossilise dogmatiquement. Mais le Fond qu’on oublie alors, c’est que des humains peuvent se tourner d’eux-mêmes vers le Bien – Dieu, ou la Vie – indépendamment de ce qu’ils croient, ou ne croient pas, ou des rites et cultes qu’ils ont mis en place.